Mardi, 23 Avril, 2019 - 15:48

Une mobilisation est en cours afin que des personnes ayant une limitation fonctionnelle et des organismes soient consultés au sujet de la réforme proposée de l’industrie québécoise du taxi.

Récemment, la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec a dénoncé le peu de représentation des organismes de personnes ayant une limitation fonctionnelle ou des instances publiques telles que l’Office des personnes handicapées du Québec ou la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse à la commission parlementaire qui examine le projet de loi 17.

Pourtant, le débat sur l’avenir de l’industrie du taxi est d’une importance capitale pour un grand nombre de personnes ayant une limitation fonctionnelle.

Beaucoup d’entre elles sont dépendantes des services du transport adapté de la Société de transport de Montréal (STM), dont 87,5 % des 4 millions de déplacements annuels sont assurés par des taxis. En 2025, on estime que le service du transport adapté assurera jusqu’à 5,5 millions de déplacements annuellement.

Craintes

Dans sa forme actuelle, le projet de loi 17 fait craindre une diminution encore plus accentuée du nombre de chauffeurs de taxi, alors que ce nombre suffit à peine à la demande.

En effet, le transport adapté repose en partie sur des liens d’affaire entre la STM et l’industrie du taxi et sur l’existence de permis de taxi restreints, qui ont permis d’absorber la hausse de fréquentation de ce service. Les chauffeurs qui détiennent ce type de permis transportent exclusivement des personnes ayant une limitation fonctionnelle.

Qui plus est, le texte législatif évoque l’idée d’une tarification modulée selon la demande. Ceci fait craindre une instabilité considérable du bassin de chauffeurs, notamment aux heures de pointe.

« À Montréal […] on estime qu’une hausse de 10 % du coût des courses à ces périodes d’achalandage élevé se traduirait par une augmentation des coûts d’opération de 4 millions de dollars par année, uniquement pour la STM et pour assurer le même service », s’inquiètent le Regroupement des usagers du transport adapté et accessible de l’île de Montréal (RUTA Montréal), Ex aequo et la Table de concertation sur l’accessibilité universelle des transports collectifs de l’île de Montréal.

Par ailleurs, le projet de loi 17 suscite plusieurs autres inquiétudes, puisqu’il ne mentionne rien au sujet des enjeux suivants :

  • Les véhicules accessibles pour les transports collectif et privé
  • La surfacturation du service de taxi
  • La formation des chauffeurs
  • L’accessibilité des applications mobiles

Afin d’adresser leurs préoccupations au ministre des Transports François Bonnardel, ces 3 organismes ont produit un mémoire. En plus de soulever les préoccupations, le mémoire formule 11 demandes à prendre en compte dans la future « Loi sur le transport rémunéré de personnes par automobile ».

 

Sur l’image : Un pictogramme de taxi adapté.